Pour Ray Dalio, l’économie américaine glisse vers la récession: « Les premiers signes sont là, et les deux années à venir vont être pires »

Les hausses des taux d’intérêt de la Fed vont faire souffrir l’économie américaine, estime l’économiste.

De plus en plus de grands noms de l’économie donnent des prévisions sombres pour l’économie, américaine et mondiale. Cathie Wood, Nouriel Roubini, Deutsche Bank, et aussi Ray Dalio, l’homme fort de Bridgewater Associates, plus grand fonds spéculatif du monde.

Interrogé par Market Watch, il estime que l’économie américaine se dirige bel et bien vers une récession. Les premiers signes classiques apparaissent déjà, clame-t-il.

« Nous sommes proches de la ligne de 0 en termes de croissance du PIB (le PIB américain était légèrement négatif durant les deux trimestres précédents, NDLR), et nous vivons largement de soldes de trésorerie qui ont été constitués durant toute une période de temps. Les secteurs automobiles et immobiliers, secteurs de biens durables, se contractent. Le cash est en baisse. Les taux de délinquance commencent à augmenter », énumère-t-il.

« Ça va être pire dans les deux années à venir »

« En 2023 et en 2024, ça va être pire », ajoute-t-il encore. Il pointe vers la Fed, qui a décidé une hausse des taux d’intérêt mercredi, d’une hauteur de 75 points de base, pour une troisième fois d’affilée.

« Ils vont resserrer la politique monétaire et réduire le crédit jusqu’à ce que la douleur économique soit plus grande que la douleur de l’inflation », analysait-il, avant l’annonce de l’augmentation des taux. D’autres hausses des taux devraient encore suivre, dans les mois à venir. Le but de la Fed est de ramener l’inflation à 2%.

Voilà une raison qui porte Ray Dalio à croire que l’économie va souffrir. La guerre en Ukraine – et les prix de l’énergie élevés qui en résultent (bien que ce phénomène soit moins extrême aux États-Unis qu’en Europe) – est aussi un des éléments qui font souffrir l’économie.

Mais cette récession aura aussi des implications au niveau politique, estime-t-il. « 2024 est une année d’élections », conclut l’économiste. « Il est sûr que Biden, déjà impopulaire, verrait ses chances de réélection torpillées en cas de récession longue et douloureuse. »

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