L’Allemagne et les Pays-Bas reçoivent un soutien de choix : le patron de l’AIE n’est pas favorable à un plafond du prix du gaz

Fatih Birol ne cesse de le répéter : l’hiver le plus dangereux pour l’Europe, ce sera celui de 2023-2024. Selon lui, il pourrait être encore plus compliqué si un plafond du prix du gaz est instauré.

Pourquoi est-ce important ?

Depuis maintenant de nombreuses semaines, les pays européens s'écharpent autour d'un potentiel plafond du prix du gaz. Certains pays, dont la Belgique et la France, le voient comme incontournable pour éviter de surcharger la facture énergétique des ménages. D'autres, tels que l'Allemagne et les Pays-Bas, disent craindre que cela n'aggrave encore un peu plus les problèmes d'approvisionnement.

Dans l’actu : Fatih Birol met en garde les pays européens.

  • Dans une interview accordée à Politico, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a une fois de plus prévenu l’Europe que l’hiver 2023-2024 sera plus compliqué à traverser que celui qui débute en ce mois de décembre.
  • « Préparez-vous pour l’hiver prochain. L’hiver prochain pourrait être beaucoup plus difficile que l’hiver que nous vivons actuellement », a-t-il déclaré, réitérant des propos qu’il avait déjà tenus ces dernières semaines.

Le détail : un plafond du prix du gaz handicapant ?

  • Si les pays européens ont réussi à remplir leurs réserves de gaz au maximum en prévision de cet hiver, ils risquent d’éprouver bien plus de difficultés pour y parvenir à nouveau l’an prochain.
  • Il faut dire que cette année, l’Europe a tout de même pu compter pendant plusieurs mois sur le gaz russe. Environ 60 milliards de m³. À moins d’un – très improbable – retournement de situation, ce ne sera pas le cas en 2023 : les robinets ont été presque totalement coupés.
  • De plus, le GNL, sur lequel l’Europe a pas mal compté pour remplacer les quantités de gaz russe manquantes, sera moins disponible l’an prochain. La concurrence sera plus importante – avec, notamment, un réveil attendu de la Chine.
    • Plus embêtant encore, Fatih Birol a indiqué à Politico que 2023 verra la mise en service de la plus faible quantité de nouvelles capacités de GNL depuis de nombreuses années. Seulement 20 milliards de m³. Il n’y en aura pas assez pour tout le monde.
  • Dans ce marasme, un autre facteur pourrait rendre les choses encore plus compliquées, selon le patron de l’AIE : le plafond du prix du gaz.
    • Birol estime que si une telle mesure était mise en place, cela « pourrait affaiblir l’Europe en termes de concurrence internationale » pour les achats de gaz.

Le contexte : ça discute toujours.

  • Ce plafonnement du prix du gaz anime les discussions entre États membres depuis plusieurs semaines.
  • La semaine dernière, la Commission a proposé un plafond à 275 euros le MWh, applicable dans certaines circonstances seulement (qui jusque-là n’ont jamais été réunies).
  • « Cadeau aux spéculateurs », « absurde » : les critiques sont rapidement tombées de la part de la France, de l’Italie ou encore de l’Espagne, qui estimaient que ce plafond était bien trop haut. Soulignant l’inutilité d’un tel mécanisme, ils s’y sont opposés lors de la réunion des ministres de l’Énergie qui a suivi.
    • Une nouvelle réunion a été programmée à la mi-décembre.
  • Le groupe de pays opposés à un plafonnement du prix du gaz (Allemagne, Pays-Bas, Autriche, Danemark et Hongrie, principalement) avance le même argument que Birol, disant craindre qu’un tel mécanisme effraie les fournisseurs et menace l’approvisionnement européen.
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