Le dépouillement des votes aux États-Unis se poursuit toujours ; la course au Sénat ne sera pas décidée avant un mois

Alors que des masses de votes doivent encore être comptées, une chose devient claire aux États-Unis : la vague rouge annoncée n’aura pas lieu. Bien que le GOP républicain soit en passe de reprendre le contrôle de la Chambre des Représentants, le Sénat reste un casse-tête. Une décision à ce sujet ne sera pas prise avant le 6 décembre.

Pourquoi est-ce important ?

Tous les sondages prédisaient une large victoire des Républicains. C'est le contraire qui est en train de se passer. Joe Biden semble en passe d'obtenir le meilleur résultat depuis George W. Bush en 2002 pour des midterms. Ce qui est frappant, c'est la large aversion des électeurs républicains pour les candidats présentés par l'ex-président Trump. Le gouverneur de Floride a par contre le vent en poupe et s'impose en sérieux rival pour la domination du GOP à l'horizon 2024.

Les chiffres

La Chambre des représentants sera aux mains des républicains, la question est de savoir quelle sera leur majorité.

  • Pour l’instant, les républicains ont 209 sièges, les démocrates 191.
  • Pour contrôler la Chambre, il faut 218 sièges, ce qui, comme prévu, met les Républicains en bonne voie pour obtenir la majorité. Mais ce n’est pas le raz de marée annoncé. NBC fait une projection de 220 pour le GOP et 215 pour le DEM.

Le Sénat reste un suspense, qui se déroule en grande partie dans trois États : les démocrates en ballotage favorable.

  • En Pennsylvanie, les démocrates s’emparent d’un siège qui était détenu par les républicains. John Fetterman y a battu le médecin de télévision Mehmet Oz, soutenu par Trump.
  • Un résultat provisoire de 48/49 signifie que les démocrates devront garder les États de l’Arizona et de la Géorgie pour conserver le Sénat, s’ils perdent le Nevada.
  • En Arizona, le démocrate Mark Kelly est en tête avec 5 % des voix, avec 76 % des votes comptés.
  • Dans le Nevada, le républicain est en tête avec 1,8 % des voix et 84 % de dépouillement.
  • En Géorgie, aucun des deux candidats n’a atteint les 50% requis. Un candidat indépendant est reparti avec 2,1 % des voix. Le deuxième tour prescrit par la loi suivra le 6 décembre.

A noter

  • Dans le Michigan, un amendement à la constitution de l’État garantissant le droit à l’avortement et à d’autres décisions concernant la grossesse a été approuvé.
  • Dans le Kentucky, traditionnellement républicain, un amendement précisant que la constitution de l’État ne garantit pas le droit à l’avortement semble avoir peu de chances d’être adopté.
  • En Floride, Ron DeSantis devient le vainqueur de la soirée, transformant le « Sunshine State » en un bastion républicain. Beaucoup au sein du GOP le considèrent désormais comme l’avenir du parti.

Une conclusion préliminaire

  • Les résultats sont loin de la « vague rouge » que beaucoup avaient prédite.
  • Au bout du compte, il n’est pas inconcevable que les démocrates affichent les meilleurs résultats des midterms pour le parti d’un président en exercice depuis deux décennies.
  • « [Ce n’est] pas une vague républicaine », a déjà admis le sénateur GOP Lindsey Graham. « Ça, c’est sûr. »
  • Une Chambre des représentants dominée par les républicains obligera Joe Biden à se déplacer vers le centre.
  • Le soutien de Donald Trump à des candidats hors du courant politique – ou à des célébrités sans expérience politique – coûte des sièges aux républicains. Trump reste important au sein du GOP, mais il devra désormais également faire face à l’opposition de républicains plus modérés. Le New York Post, journal étant pourtant pro-Trump, publie ce jeudi une couverture assassine :

(CP)

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