Le Brésil passe également à gauche ; Lula remporte de justesse un troisième mandat

Au Brésil, l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva l’a emporté de justesse (50,9 % contre 49,1 %) sur le président sortant Bolsonaro au second tour du scrutin. Lula s’offre ainsi un troisième mandat historique, car jamais dans l’histoire du Brésil, personne n’a été président trois fois. C’est également la première fois qu’un chef d’État n’est pas réélu.

Pourquoi est-ce important ?

La victoire étroite de Luiz Inacio Lula da Silva garantit pratiquement la poursuite de la polarisation qui marque le pays. Jair Bolsonaro a choisi de suivre l’exemple de Trump il y a plusieurs mois, en insinuant que la victoire ne pouvait que lui être volée. Reste à savoir si "le Trump des tropiques" va reconnaître sa défaite. Les élections dans la plus grande économie d'Amérique latine s'inscrivent dans la continuité d'une vague de victoires récentes de la gauche au Chili, en Colombie et en Argentine.

Au second tour de l’élection présidentielle, Lula devance le président sortant Jair Bolsonaro (PL) d’une infime marge. Après dépouillement de tous les votes électoraux, le candidat du Parti des travailleurs (PT) obtient 50,9 % des voix contre 49,1 % pour son adversaire d’extrême droite. Au total, Lula recueille deux millions de voix supplémentaires sur un total de quelque 155 millions. Les sondages d’opinion, qui donnaient à Lula une avance de 6 %, étaient – comme lors du premier tour de scrutin – à nouveau largement erronés.

Un retour spectaculaire

Avec sa victoire, Lula fait un retour spectaculaire. De 2003 à 2010, il a déjà été président du Brésil. Il doit sa popularité à une politique sociale qui a permis à des millions de Brésiliens de sortir de la pauvreté. Puis Lula a été accusé de corruption et a passé un an et demi en prison. En mars de cette année, la Cour suprême a annulé sa condamnation.

Plusieurs chefs d’État se sont empressés de féliciter Lula. Parmi eux, le président américain Joe Biden et le patron de la politique étrangère de l’UE Josep Borrell. Le Premier ministre espagnol Sanchez et le président français Macron ont également présenté leurs félicitations peu après le résultat final. Ce dernier a notamment entretenu de mauvaises relations avec Bolsonaro, à qui il reprochait son inaction sur la question environnementale.

« Le Brésil est de retour et n’est plus un paria international », a déclaré Lula, qui a salué les félicitations. Il a appelé à une coopération renouvelée avec les États-Unis et l’UE.

La réaction de Bolsonaro ?

Jair Bolsonaro n’a voulu recevoir personne dimanche soir. Les ministres et les députés qui ont tenté de lui rendre visite après les résultats des élections se sont vu répondre que le président ne voulait voir personne pour le moment, pas même ses plus proches alliés. Reste donc à voir sa réponse.

Arthur Lira, président de la Chambre des députés et allié de Jair Bolsonaro, a déclaré que la volonté de la majorité dans les urnes « ne doit jamais être contestée » et qu’il ne faut pas alimenter le revanchisme ou la persécution, car il est temps « de regarder vers l’avenir ».

(JM)

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