La Russie est-elle vraiment en train de brûler massivement du gaz pour intimider l’Europe ?

Les observateurs européens craignent que le géant gazier public russe Gazprom ne brûle massivement du gaz au lieu de l’exporter vers l’Europe. Mais d’après les chiffres, cela ne semble pas tout à fait exact.

Ces derniers mois, la Russie a exporté beaucoup moins de gaz naturel vers l’Europe qu’avant le début de la guerre en Ukraine. C’est une mauvaise nouvelle pour les deux parties : le Vieux Continent était le plus grand marché du Kremlin. La Russie perd donc pas mal de revenus, tandis que les prix pour les Européens sont montés en flèche en raison de la réduction de l’offre. Maintenant que les gazoducs Nord Stream 1 et 2 semblent avoir été sabotés, cette situation ne peut que s’aggraver.

Mais où va le gaz russe à présent ? Une partie est vendue à des pays comme la Chine et l’Inde, souvent à un prix très réduit. La Russie produit aussi tout simplement moins de gaz. Toutefois, il y a parfois des excédents de production, car on ne peut pas toujours prévoir le marché. Ces excédents sont brûlés, même dans des situations de marché normales.

1,18 million de mètres cubes par jour

Mais la Russie brûle-t-elle plus de gaz depuis la fermeture de Nord Stream 1 ? Pour l’instant, il n’en est rien. Selon une analyse de Bloomberg, une moyenne de 1,18 million de mètres cubes de gaz a été brûlée chaque jour du 10 août au 21 septembre dans l’installation de production clé de la péninsule de Yamal, dans le nord-ouest de la Sibérie.

Ce chiffre peut sembler énorme, mais en fait, il n’est pas exceptionnellement élevé. Au contraire : au cours de la même période de l’année précédente, la quantité de gaz brûlé était 28% plus élevée. Il y a deux ans, la moyenne était légèrement inférieure : un peu plus d’un million de mètres cubes de gaz étaient brûlés chaque jour.

Petite partie de la production, mais…

La quantité brûlée ne représente qu’une petite partie de la production quotidienne de Gazprom. En effet, le groupe a produit en moyenne 838 millions de mètres cubes de gaz naturel par jour en août et septembre.

Notons toutefois que, la quantité produite étant plus faible cette année, la part du gaz naturel brûlé a augmenté. En effet, en 2021, Gazprom a produit plus de 50% de gaz naturel de plus qu’aujourd’hui. En juillet 2022, la production est tombée à son plus bas niveau depuis 2008. Principalement à cause de la réduction des exportations vers l’Europe.

L’année dernière, Gazprom a produit un total d’un peu plus de 700 milliards de mètres cubes de gaz naturel. Sur ce total, 25,4 milliards ont été brûlés en torche, soit près de 4%.

(OD)

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