La réponse de l’Europe à la crise énergétique vue par Al Gore : bonne sur le court terme, dangereuse sur le long terme

Pour l’ancien vice-président des États-Unis, les pays européens semblent plus ou moins bien s’en sortir face à la crise énergétique qui les touche de plein fouet. Il les invite toutefois à faire preuve d’une extrême prudence : il serait malvenu de remplacer la dépendance à la Russie par une dépendance aux combustibles fossiles.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, les pays européens font face à une lourde crise énergétique. D’une part, ils tentent de trouver des sources d’approvisionnement ailleurs qu’en Russie. De l’autre, ils essaient de limiter la casse sur les factures énergétiques des consommateurs.

S’il ne s’est pas spécialement mouillé pour la seconde partie de l’équation – il faut dire qu’aucune grande décision n’a été prise jusqu’à présent – Al Gore pense que le Vieux Continent est en train de trouver un « bon équilibre » pour la première partie, a-t-il expliqué au Financial Times. En tout cas pour le court terme.

« Les nations doivent être sur leurs gardes lors des négociations »

La confiance de l’ancien vice-président américain porte surtout sur l’approvisionnement de l’Europe. Grâce aux contrats noués par les pays européens aux quatre coins de la planète ces derniers mois, il ne devrait pas y avoir (trop) de problèmes d’approvisionnement dans les années à venir.

En revanche, là où Al Gore appelle à la vigilance, c’est sur le plan de la transition écologique. Selon lui, les gouvernements doivent « faire très attention » à limiter leurs dépenses liées aux combustibles fossiles « à des programmes qui permettront de faire face à la pénurie d’approvisionnement à court terme [mais] qui ne nous enfermeront pas dans des décennies d’émissions de gaz à effet de serre plus élevées à l’avenir ».

Al Gore estime que les entreprises de combustibles fossiles utilisent des « réseaux d’influence hérités du passé » pour faire pression en faveur d’un traitement politique favorable et obtenir des contrats aussi longs que possible. Pour ce faire, elles iraient même jusqu’à « imiter la stratégie de l’industrie du tabac d’il y a plusieurs décennies – en diffusant de fausses informations à l’échelle industrielle ».

« Les nations qui planifient leurs stratégies doivent être sur leurs gardes dans toutes ces négociations, que ce soit avec des entreprises privées ou des souverains », a ajouté Al Gore.

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